Aires d'Alimentation de Captages et Périmètres de Protection : De la protection de la ressource à la protection du captage

Bilan de la journée:

 

 

 

Synthèse des présentations de la journée technique du 15 octobre 2009

« Captage d’eau potable : aires d’alimentation et périmètres de protection »

 

 

Les objectifs de cette journée technique étaient de réunir différents acteurs autour d'une problématique actuelle et génératrice de nombreuses questions: les aires d'alimentation de captages d'eau potable.

 

M. Choisnard (DRASS Midi-Pyrénées) et M. Fréjefond (DREAL Midi-Pyrénées) ont présenté les aspects réglementaires des captages en eau potable. Les périmètres de protection (PP) régis par le code de la santé publique et les aires d’alimentation de captage (AAC) définis par la loi sur l'eau, sont deux outils visant à protéger la ressource en eau. Les PP permettent de prévenir la détérioration de l’ouvrage et de limiter les pollutions accidentelles tandis que les AAC visent à limiter les pollutions diffuses sur des zones généralement plus étendues. Ils ont précisé que les AAC ne sont obligatoires que pour les captages prioritaires.

Reprenant les aspects réglementaires, M. Oller (DDASS 64) et M. Pellizaro (Conseil Général 64) évoquent les problèmes rencontrés par les élus, en particulier les moyens financiers et l’assistance technique. S’appuyant sur le cas des captages de Bordes (64), M. Pellizaro estime qu’un PP éloigné, couplé à une protection active pourrait éventuellement se substituer aux AAC.

 

La définition des AAC est un nouveau concept où la concertation entre bureaux d’études, administration, élus et hydrogéologues est essentielle Toutefois, comme l’a rappelé M. Blanchet (CTE), le rôle essentiel de conseiller joué par l’hydrogéologue agréé ne doit pas dépasser ses fonctions, au risque d’engager trop fortement sa responsabilité.

 

M. Subias (Calligée) a présenté les difficultés de la méthodologie définie par le BRGM, base pour les bureaux d’études et les collectivités pour délimiter les aires d’alimentation des captages. Les premières études menées vont contribuer à améliorer et compléter la méthodologie notamment pour les captages en eaux superficielles.

Auparavant, d’autres démarches se sont développées localement, par exemple le programme « Re-Sources » qui est une initiative régionale visant à reconquérir la qualité des eaux en Poitou-Charentes. L'objectif est un usage prioritaire de la ressource en eau potable avec un minimum de traitement. Céline Thiébaut (Coordinatrice régionale du programme Re-Sources) précise que ce programme s’inscrit dans le contexte des réglementations SDAGE et ZSCE (Grenelle), en collaboration avec les agences de l’eau. La démarche est multi-partenariale et mobilise les acteurs autour d’une convention cadre.

 

La mise en place des AAC repose sur des études hydrogéologiques pouvant être affinées par des outils expérimentaux. Par exemple, le dimensionnement des AAC peut être conforté par la datation des eaux souterraines ainsi que par l’identification de la zone de recharge et des vitesses d’écoulement. Mme Vergnaud (directrice du LADES) nous a présenté une méthode basée sur l’utilisation de différents traceurs (CFC, SF6,…) permettant d’estimer le temps de résidence de l’eau et de manière indirecte la vulnérabilité et l’hétérogénéité du milieu.

De même, la mise en place d’AAC en zone karstique présente des difficultés supplémentaires du fait des circulations souterraines qui rendent la délimitation du bassin hydrographique plus compliquée. Nathalie Dörfliger (chercheur au BRGM) nous a présenté PaPRIKa, une méthode de cartographie de la vulnérabilité des aquifères karstiques. Ce procédé comprend des critères structuraux (couverture protectrice, roche réservoir) et de fonctionnement (conditions d’infiltrations, degré de karstification).

Au cours des présentations, certains intervenants ont partagé leur retour d’expérience. Véolia Eau Toulouse, représenté par M. Esparza lors de la journée, a mis en place des stations d’alerte sur la Garonne, en amont de la station de captage qui alimente la ville en eau potable. Plusieurs opérations de traçage ont été effectuées dans la Garonne et ses affluents pour élaborer un pollutogramme dont l’objectif est d'anticiper et de caractériser d’éventuelles pollutions. Ainsi, afin d’assurer la potabilité de l’eau, il est possible d’alterner le captage en eaux brutes dans la Garonne ou l'Ariège. Dans le cas d’un captage en eaux superficielles, des stations d’alertes ponctuelles semblent être un complément indispensable à tous périmètres ou aires de protection.

M. Gastal, maire de Parnac (46), assisté de M. Lafon, nous ont présenté leurs actions liées à la gestion et à la protection du captage sur leur commune. Un comité de pilotage volontariste est né en 2008, suite à la présence de nitrates dans l’aire de captage, avant même que celui-ci soit identifié comme prioritaire. Il a pour missions d’établir un plan d’action, de rechercher des moyens techniques et financiers, d’informer les agriculteurs sur l’usage des produits phytosanitaires et les consommateurs sur la qualité de l’eau.

Mme Ducos (SIAEP d'Estang) et M. Gaye-Metou (Conseil Général 32) ont relaté leur expérience dans le cas des eaux d’Estang (32) où la mise en place d’une AAC succède à l’établissement d’un périmètre de protection. La délimitation du PP ayant déjà posé des difficultés, une collaboration entre le syndicat de communes SIAEP, le Conseil Général 32 et l’Agence de l’Eau s’avère nécessaire.

 

Cette journée technique a permis de rappeler le cadre réglementaire sur les captages d’eau potable et de présenter différentes méthodologies grâce à des cas concrets. Bien que certaines problématiques demeurent, ces premiers retours d’expérience aideront sans doute les acteurs à mieux appréhender la suite de leur travail.

 

 

 

 

 

 

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